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Matinée de la philosophie |
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Écrit par Patrice Létourneau
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12-12-2009 |
«Le sage est sage, écrivait Alain, non par moins de folie, mais par plus de sagesse.» – André Comte-Sponville, p. 56
«Le temps d’incubation ne joue jamais contre la formation des perles, mais toujours en leur faveur.» – Anonyme Comme au matin du Monde, où les questions de sens s’offrent dans leur fraîcheur originelle, lundi prochain, à compter de 8h, sera votre matinée de philosophie ! Le moment de faire renaître un sens à ce monde ! Il y a beaucoup de chemins parcourus, depuis le début… Par exemple, relisez le texte de Russell, que l’on avait examiné ensemble au tout début de la session, lorsqu’on se connaissait encore à peine, et il est fort à parier que vous voyiez une autre profondeur à ce texte. De même si vous faites un retour sur les types de jugement sur la réalité (faits, préférences, valeurs et interprétations). En prévision de votre matinée de philosophie, en révisant les divers philosophes, textes et courants philosophiques, tentez de tisser divers liens mettant en relief les thèmes centraux de la session, comme la sagesse et le bonheur, l’idée d’un système politique juste (à cet égard, la conception que l’on se fait de la «vérité» en matière de juste et d’injuste a un impact), l’idée d’une vie pleinement satisfaisante et de ce qui peut favoriser le bonheur, les manières de considérer les désirs et certains pièges de l’espérance, des considérations sur la double ignorance, l’ignorance et l’ignorance savante, la question de la vérité au niveau des jugements de valeur et d’interprétation face à la fois au relativisme et au dogmatisme, et ainsi de suite. Tentez de faire des liens et de retourner les choses en divers sens. Prenez le temps, vous en êtes capable ! En procédant ainsi, à terme, ça devrait contribuer à faire en sorte que «la vérité réside en vous», comme disait Socrate. ;-) Patrice Post-sciptum pour se préparer à cette matinée de la philo : - Lors de l’épreuve synthèse, conformément à la politique du Collège sur l’évaluation de la compétence linguistique, pour une portion de texte d'environ 150 mots, on soustraira de la note de la dissertation 1% par faute d'orthographe, d'accord, de ponctuation, de phrase et vocabulaire, jusqu'à concurrence de 10%. Rappelez-vous cependant que vous avez le droit d’utiliser votre dictionnaire, votre ouvrage de conjugaison (ex. Bescherelle) et votre grammaire: n’oubliez pas de les apporter. - Concernant la rédaction de la dissertation, pour ce qui est de l’écriture en tant que telle, vous pouvez utiliser le crayon que vous voulez (crayon de plomb, stylo…). Vous étiez lisibles tout au cours de la session, je ne vois donc pas la pertinence de vous obliger à écrire à l’encre – ce qui, d’ailleurs, force ensuite l’utilisation du liquide correcteur, dont l’accumulation rend parfois les pages impossibles à plier. ;-) |
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Analyse du texte de Cicéron sur l’amitié (5%) |
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Écrit par Patrice Létourneau
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24-11-2009 |
«Bien que l’amitié présente des avantages très nombreux et très importants, il en est un qui l’emporte vraiment sur tous : elle entretient la foi dans l’avenir et ne laisse pas les esprits faiblir et s’écrouler.» – Cicéron
L’analyse du texte de Cicéron portera sur la première portion de son traité «De l’amitié», aux pages 25 à 41 de L’Art de vivre. Stoïcisme et épicurisme.
Cette analyse du texte de Cicéron se fera de manière similaire à l’analyse du livre d’André Comte-Sponville (Le bonheur, désespérément) et l’analyse du texte de Platon (le Premier Alcibiade), que vous avez déjà faites.
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Évaluation sur les sections d’argumentation (10%) |
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Écrit par Patrice Létourneau
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17-11-2009 |
«Il n’y a pas d’effort inutile, Sisyphe se faisait les muscles.» – Roger Caillois
Pour la prochaine évaluation (10%) où il s’agira de rédiger les sections d’argumentation, vous devez faire imprimer et apporter en classe le formulaire, que vous pouvez télécharger là . Voici quelques références utiles pour vous y préparer : --> Une bonne lecture/relecture des pages 83 à 107 (sur l’argumentation et sur les sophismes à éviter) du «Petit traité de l’argumentation en philosophie» sera utile. --> Réviser la «méthode des cercles» que nous avons vue en classe. Je sais, ça peut paraître un peu simpliste à première vue, mais ce truc est particulièrement efficace pour éviter les pétitions de principe et les propos qui tournent en rond sans rien dire… --> Lire les exemples d’application de la «méthode des cercles», pour mieux voir de quoi il s’agit. --> Relire l’ exemple pour la formulation de l’argumentation (fait avec le concept de démocratie). --> Lire l’ exemple de dissertation entière (fait avec les concepts «vérité» et «opinion») --> Voir ce cahier sur les sophismes. --> Se souvenir que le temps que vous consacrez aux «définitions réelles» n’est pas qu’un exercice purement académique, c’est aussi un très bon truc pour éviter le piège des sophismes de pétition de principe (les arguments circulaires). Bonne préparation à tous ! |
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Compléments pour qui veut développer ses habiletés d’autodéfense intellectuelle |
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Écrit par Patrice Létourneau
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09-11-2009 |
«La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un État totalitaire.» - Noam Chomsky
«Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.» - Noam Chomsky
Vous aimez repérer les sophismes qu’on peut tenter de vous passer? Vous voulez renforcer vos habiletés d’autodéfense intellectuelle? Si votre réponse est affirmative, peut-être aimerez-vous savoir que Normand Baillargeon ( professeur à l’UQÀM) a publié en 2005 un «Petit cours d’autodéfense intellectuelle» ( Lux Éditeur, 344 pages – 20, 85$). Et peut-être aimerez-vous aussi savoir que ce livre est une version remodelée et augmentée d’un texte (de 36 pages) du même nom, qui est disponible gratuitement sur Internet. Si ça vous intéresse et que vous voulez y goûter gratuitement, c’est là : → Chroniques de Normand Baillargeon à l'origine du «Petit cours d’autodéfense intellectuelle», texte initialement publié par le site AO! Espace de la parole, en 2002, disponible gratuitement en format .pdf de 36 pages. Et si cela vous intéresse... alors peut-être aimerez-vous aussi en apprendre plus sur les mécanismes de la propagande, qu'on peut tenter de vous passer… Le texte de Baillargeon, au sujet de la mise en place dans nos démocraties modernes de la propagande, est aussi disponible gratuitement en ligne, là : → Normand Baillargeon, «Edward Bernays et l’invention du «gouvernement invisible», introduction à Edward Bernay, Propaganda», Lux Éditeur, [1928] 2008. (Notez par ailleurs que si vous vous intéressez aux propos de Normand Baillargeon, vous retrouverez plusieurs de ses textes dupliqués sur son blogue ; et vous pouvez écouter cette entrevue audio où il discute notamment de l’autodéfense intellectuelle, des liens entre le rationalisme et l’anarchisme, de la part de façonnement de l’opinion publique par les médias, de la manipulation par les faits, etc.) |
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La prochaine évaluation et la préparation de la «fin» de la session |
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Écrit par Patrice Létourneau
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01-11-2009 |
→ Pour la prochaine évaluation (5%) où il s’agira de rédiger (1) un sujet amené intégrant le développement d’une référence à un philosophe à l’étude, (2) la section de problématisation (c’est-à-dire, dégager le caractère fondamental et le caractère controversé de la question philosophique) et (3) la section de conceptualisation, vous devez faire imprimer et apporter en classe le formulaire prévu à cet effet, que vous pouvez télécharger là. → Pour réviser les étapes de cette évaluation, vous pouvez : - Revoir l’ exemple de référence à la philosophie dans le sujet amené (avec les concepts illusion et amour). - Revoir les directives de la section de conceptualisation - Revoir les directives de la section de problématisation - Pour un exemple supplémentaire d’une section de conceptualisation, voir la section afférente dans l’ exemple de dissertation entière → Enfin, pour vous préparer à l’évaluation à venir, ainsi qu’aux autres dissertations à venir, une bonne révision de l’ensemble de la matière vue jusqu’à maintenant vous sera fort utile, puisque les sujets des dissertations seront en lien avec les diverses positions et thèmes philosophiques que nous avons examinés. À cet égard, le « formatif pour réinvestir la matière» pourra vous être utile. Il y a du travail à faire, mais si on regarde ça avec l’œil d’un hédoniste modéré, on peut dire qu’y mettre du temps peut s’avérer être un calcul fort profitable des plaisirs à venir, puisque le temps que vous mettrez pour réviser et réinvestir la matière vous servira non seulement pour la prochaine évaluation, mais aussi pour l’ ensemble des autres évaluations à venir jusqu’à la fin de la session. Courage ! Je sais que quelque part vers ce moment-ci de la session, on peut parfois avoir l’impression de perdre le souffle, comme lorsqu’on prend une «poche d’air» en avion. Mais il ne faut pas se laisser déstabiliser. Bientôt, beaucoup plus vite qu’on ne le croit, vous allez vous réveiller et il va y avoir de la neige et des sapins de Noël. Quelque part entre Noël et le Jour de l’An, lorsque vous consulterez vos résultats finaux sur Omnivox, il y a fort à parier que vous trouverez alors que les sacrifices consentis à ce moment-ci de la session étaient profitables. Allez, on continue ! |
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Formatif pour réinvestir la matière |
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Écrit par Patrice Létourneau
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27-10-2009 |
1) Dans le texte de Bertrand Russell sur La valeur de la philosophie que nous avons examiné au tout début de la session, celui-ci affirme que : «Dès que nous commençons à penser conformément à la philosophie, au contraire, nous voyons […] que même les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne posent des problèmes auxquels on ne trouve que des réponses très incomplètes.» Donnez trois exemples de «choses les plus ordinaires de la vie quotidienne» qui peuvent poser «des problèmes auxquels on ne trouve que des réponses très incomplètes». 2) Expliquez en vos mots pourquoi, dans ce même texte sur La valeur de la philosophie, Russell affirme que «La valeur de la philosophie doit en réalité surtout résider dans son caractère incertain même.» 3) Dites en vos mots quelle est la principale caractéristique qui va venir différencier le jugement de préférence (ou goût) du jugement de valeur (ou d’interprétation). 4) Expliquez en vos mots un lien possible et pertinent que l’on pourrait faire entre le contexte historique de la période hellénistique et les principales tendances (épicurisme, stoïcisme…) et préoccupations philosophiques de cette époque. 5) Au sujet de la possibilité de considérer qu’il y a ou non une vérité au niveau des jugements de valeur (et d’interprétation), dites (a) quelle est la position de Protagoras et des sophistes ; et (b) quel est le raisonnement qui leur permet de soutenir cette position. 6) Au sujet de la possibilité de considérer qu’il y a ou non une vérité au niveau des jugements de valeur (et d’interprétation), dites (a) quelle est la position de Socrate ; et (b) quelle est la justification de cette prise de position. 7) Identifiez un point de désaccord et un point d’accord entre Socrate et les sophistes, au sujet de la vérité. 8) En quoi consiste la double ignorance, selon Socrate ? 9) Pourquoi est-ce que reconnaître notre propre ignorance est le premier pas vers la sagesse, selon Socrate ? 10) En quoi est-ce qu’il peut y avoir une «ignorance savante», selon Socrate ? 11) Selon le Premier Alcibiade de Platon, pourquoi le peuple ne peut pas être un bon maître en matière de juste et d’injuste ? 12) Selon le Premier Alcibiade de Platon, en quoi est-ce que l’amitié entre les citoyens, telle qu’elle est définie par Alcibiade, devient incompatible avec la justice ? 13) Selon le Premier Alcibiade de Platon, que signifie l’expression «Connais-toi toi-même» pour Socrate ? 14) Selon le Premier Alcibiade de Platon, comment est-ce que l’âme peut parvenir à se connaître? 15) Selon le Premier Alcibiade de Platon, quelle est la différence essentielle entre le corps et l’âme ? (Quelle est leur relation?) 16) Selon la théorie de la vérité de Platon, qu’est que la «réalité sensible» et qu’est-ce que la «réalité intelligible» ? Quels sont leurs rapports ? 17) Expliquez en vos mots pourquoi, selon Platon, le mal est fait par ignorance. * 18) Expliquez en vos mots pourquoi, selon Platon, la démocratie serait un système politique injuste ? 19) Identifiez une faille capitale du système politique épistémocratique [épistémé=savoir] que Platon présente comme alternative à la démocratie. 20) Selon Lucrèce (un épicurien – parmi les «morales du plaisir»), les sens sont les premiers à permettre la vérité. [ Note : il en a été question lors du cours où j’ai fait le dessin du cube et le dessin du ««beau»» lapin/canard. ;-)] Dites pourquoi, selon lui, c’est la raison (et non pas les sens) qui est responsable des erreurs de nos représentations mentales ? 21) Quel lien pouvons-nous faire entre la position matérialiste des «morales du plaisir» et leur approche de l’éthique, conçue comme un calcul des plaisirs et déplaisirs. 22) Dans l’hédonisme radical, en quoi consiste le mal ? 23) Dans l’hédonisme modéré, quels sont les deux motifs qui viennent justifier l’ajout d’une prise en considération de la raison dans le calcul ? 24) Pourquoi est-ce que l’on peut considérer que lorsqu’un hédoniste modéré applique avec sérieux cette «morale du plaisir», celle-ci peut s’avérer très exigeante envers lui-même ? 25) Selon l’épicurisme, le bonheur ne se confond pas tout à fait avec le plaisir ; pour les épicuriens, le bonheur correspond plutôt à «l’ataraxie» et «l’aponie». Qu’est-ce à dire ? 26) Dans la catégorie des désirs non naturels et non nécessaires, on retrouve quatre «faux plaisirs» selon Épicure. Identifiez ces quatre «faux plaisirs» dont parle Épicure et dites pourquoi, selon lui, ceux-ci finissent inévitablement par nous posséder plus qu’on ne les possède. 27) Selon les stoïciens, le bonheur est un état d’esprit qui survient lorsqu’il y a correspondance entre ce que l’on veut et ce qui arrive. (a) Expliquez en vos mots pourquoi il devient dès lors important, selon eux, d’apprendre à bien distinguer ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas (ou plus) de nous. Et (b) dites quelle attitude nous devons adopter face, d’une part, à ce qui dépend de nous, et d’autre part, face à ce qui ne dépend pas (ou plus) de nous. 28) Selon les stoïciens, au moment où les événements se produisent, ils ont une valeur neutre en eux-mêmes. Par exemple, selon ce raisonnement, l’accident qui nous arriverait et pour lequel nous ne serions pas «responsables » ne serait tout de même pas le signe que notre vie est «malchanceuse», tout comme on ne peut pas dire que c’est un signe de «gentillesse» que l’eau bout constamment lorsqu’elle atteint les 100 degrés Celcius. Tout ceci est lié à leur conception du monde, qui constitue pour eux une «Providence», ou plutôt une gigantesque «mécanique». Résumez en vos mots ce que ça signifie. 29) Aux pages 22-23 du livre Le bonheur, désespérément (d'André Comte-Sponville), quelles sont les affirmations de Platon/Socrate que retient André Comte-Sponville pour démontrer que, selon une vision platonicienne du bonheur, il nous est impossible d’être heureux ? 30) Aux pages 31-33 du livre Le bonheur, désespérément, quelle est selon André Comte-Sponville l’erreur de Platon et de Schopenhauer au sujet du désir ? 31) Aux pages 35-40 du livre Le bonheur, désespérément, quelles sont les trois caractéristiques de l’espérance selon André Comte-Sponville ? 32) Aux pages 43-57 du livre Le bonheur, désespérément, le désespoir semble être, pour André Comte-Sponville, quelque chose de positif. Expliquez dans vos mots les propos de Comte-Sponville à ce sujet. |
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Retour de la relâche – (et analyse du livre d’André Comte-Sponville) |
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Écrit par Patrice Létourneau
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17-10-2009 |
J’espère que vous avez passé une très bonne et agréable semaine de relâche des cours ! S’initier à la philosophie, c’est un peu comme s’enfoncer dans une brousse dense, avec seulement qu’une machette en main pour se frayer un chemin, notre chemin. Les horizons ne peuvent nous apparaître clairement dès le départ. Mais mine de rien, vous avez maintenant défriché plusieurs sentiers – et sans doute que, sans trop vous en rendre compte, vous commencez à vous acclimater à la «pression atmosphérique» de ce terrain particulier de réflexions. C’est beaucoup ! Ce sont souvent les premiers pas qui sont les plus coûteux ; je vous félicite de vous immerger dans ces contrées de bonne foi, comme vous le faites ! Devant nous, il y a l’analyse (lors de notre seconde rencontre après la relâche) du livre d’André Comte-Sponville, «Le bonheur, désespérément». Pour vous y préparer, vous pouvez vous exercer à identifier les principales idées dans chacune des sections du livre : Introduction (p. 9 à 17) I – Le bonheur manqué, ou les pièges de l’espérance (p. 17 à 30) II – Critique de l’espérance, ou le bonheur en acte (p. 30 à 43) III – Le bonheur désespérément : une sagesse du désespoir, du bonheur et de l’amour (p. 43 à 57) |
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Points de repère pour le stoïcisme (Épictète, Sénèque, Marc Aurèle, Cicéron, etc.) |
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Écrit par Patrice Létourneau
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17-10-2009 |
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«Ce n’est donc pas à ses rides et à ses cheveux blancs, qu’il faut croire qu’un homme a longtemps vécu : il n’a pas longtemps vécu, il est longtemps resté sur terre.» – Sénèque, De la brièveté de la vie
«Double écueil qu’il faut éviter : ne point ressembler aux méchants parce qu’ils sont le grand nombre, ne point haïr le grand nombre parce qu’il diffère de nous.» – Sénèque, Lettre VII à Lucilius
(a) Pour les stoïciens, tout est réglé par une «nécessité», une «Providence» (dont il serait cependant illusoire de prétendre défricher les signes annonciateurs: le mieux placé pour découvrir son «destin», c’est soi-même, ceux prétendant nous délivrer de cette tâche sont des charlatans). (b) Plus précisément, cette «nécessité» ou «Providence» est en fait une gigantesque «mécanique» : c’est l’ensemble complexe de l’enchaînement de causes et d’effets qui ont engendré un événement particulier, au moment où il se produit (par exemple, les probabilités qu’on se retrouve tous dans le même local pour un cours à un moment précis, l’ensemble des facteurs présupposés… Statistiquement, les probabilités, qui devraient tenir compte de chacune de nos «histoires de vie», seraient d’une infinie complexité, mais il n’en demeure pas moins que dans l’enchaînement des événements et des parcours, des vies se croisent…). (c) Les événements, tout comme les choses, sont en eux-mêmes indifférents, neutres. Ce qui arrive est le résultat d’un enchaînement «causal» d’actions, de circonstances, de facteurs et d’événements antérieurs. De la même manière qu’on ne dit pas que l’eau est «gentille» de bouillir à 100 degrés Celsius, l’événement qui se produit, au moment où il se produit (c’est-à-dire, au moment où on n’y peut plus rien), n’est «en lui-même» ni bien ni mal (c’est nous qui lui donnons un sens). (d) Le bien et le mal ne sont pas dans les choses, mais dans notre manière de considérer les choses et les événements. (e) Le bonheur étant la concordance entre ce qui nous arrive et ce que l'on veut qu’il nous arrive, pour Épictète, la sagesse consiste donc à évaluer ce qui «se doit d’être» et à y accorder notre volonté. Il faut travailler sur ce qui dépend de nous (nos attitudes, nos opinions, nos désirs, nos impulsions, etc.), agir lorsque c’est le temps et savoir accepter ce qui ne dépend plus de nous (au moment où ça ne dépend plus de nous). En d’autres termes, la sagesse consiste à d’abord s’exercer à bien savoir distinguer ce qui relève de nous (et l’assumer pleinement, activement) de ce qui ne relève pas (ou plus) de nous (ce avec quoi notre volonté doit alors s’accorder). (f) Pour Épictète, le «devoir» (ce qui se doit d’être), ce n’est pas ce que telle ou telle personne nous dit qu’il serait de notre devoir de faire… Le «devoir» est pour lui lié à l’ajustement de notre volonté avec l’enchaînement de la nécessité; il s’agit de faire en sorte de bien jouer le «rôle de notre vie», grâce justement à une bonne aptitude à savoir départager ce qui relève de nous de ce qui n’en relève pas, ou plus. (g) Qu’est-ce que le bonheur? Pour les stoïciens, le bonheur est un état d’esprit qui est atteint lorsque ce que nous vivons est conforme à ce que l’on veut (et vice et versa). Ce qui explique ce qui précède. (h) Pour éviter les confusions, il faut garder à l’esprit que le devoir d’accorder sa volonté avec la nécessité n’est cependant pas l’équivalent d’un comportement simplement passif. (D’ailleurs, le philosophe stoïcien Marc Aurèle, par exemple, était Empereur romain; le philosophe stoïcien Sénèque fut, lui aussi, un homme d’État…) (i) Pour Épictète, il faut agir et améliorer ce qu’on peut changer, mais il faut le faire en agissant quand c’est le temps, quand notre action peut s’insérer efficacement dans le cours des choses et l’enchaînement qui va en résulter. (j) Par contre, il faut accorder sa volonté avec ce qu’on ne peut pas changer, plutôt que de maudire notre sort (ou encore, plutôt que de commencer à réagir et s’énerver, en «courant» dans tous les sens un peu comme une poule dont on a tranché la tête, lorsqu’il est de toute manière devenu trop tard pour changer le cours des choses). (k) Une difficulté qui n’est pas à négliger cependant, c’est qu’il arrive qu’on doive d’abord s’entêter et produire un effort acharné visant à changer des choses, afin de savoir si c’est effectivement en notre pouvoir ou non de le faire, d’y parvenir (on est parfois capable de plus qu’on ne le croit, et si on accepte trop facilement ou trop rapidement ce qui peut nous sembler être une «fatalité», alors…).
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Points de repère pour l'épicurisme (Épicure, Lucrèce…) (l’une des «morales du plaisir»): |
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Écrit par Patrice Létourneau
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17-10-2009 |
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«Dans la recherche commune des arguments, celui qui est vaincu a gagné davantage, à proportion de ce qu’il vient d’apprendre.» – Épicure
(a) La sensation est source de toutes connaissances et de toutes vérités. De même, un savoir en éthique est possible. (b) Tout est matière, y compris l’âme qui périt avec le corps. (c) Le but de l’éthique, selon Épicure, c’est une sagesse permettant d’atteindre le bonheur. (d) Pour Épicure, le bonheur se confond avec le plaisir. Cependant, pour lui le plaisir n’est pas la démesure sensuelle : le plaisir se définit par l’ataraxie (la sérénité, la tranquillité d’esprit) et l’aponie (l’absence de douleur physique). (e) Les désirs étant illimités, s’il fallait tous les combler pour être heureux, le bonheur serait impossible. Il faut donc apprendre à restreindre nos désirs pour atteindre l’ataraxie et l’aponie. Ainsi, pour Épicure la sagesse réside dans l’évaluation des désirs et le calcul judicieux des plaisirs. (f) Selon Épicure, il y a trois catégories de désirs, qui peuvent servir de guide lors de nos «calculs» : les désirs naturels et nécessaires (à combler), les désirs naturels et non nécessaires (à varier avec parcimonie) et les désirs artificiels ou vains (ce sont les «faux plaisirs», qui sont à éviter, car ils causent plus de tort que de bien). (g) Selon Épicure, certains plaisirs nous piègent, car ils finissent par nous posséder plus qu’on ne les possède. C’est ce qu’il appelle les «faux plaisirs», qui sont constitués du désir de puissance, du désir de prestige (selon Épicure, «pour vivre heureux, vivons cachés», c’est-à-dire en dévoilant notre vie qu’avec pudeur), du désir de richesse pour la richesse, et de l’envie (puisqu’on envie ce que l’on n’a pas, c’est un désir sans fin). (h) En revanche, Épicure considère que certaines valeurs permettent de maximiser le plaisir. Il s’agit selon lui de l’amitié partagée (car elle fait contrepoids, en aidant à éviter le piège du repli sur soi), la valeur de l’effort et le désir de connaître. Bref, prise en considération d’autrui au travers de l’amitié, culture de l’effort et valorisation du désir de connaître : la maximisation du plaisir chez Épicure n’est pas à confondre avec un banal appel à la débauche.
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Points de repère pour l’hédonisme modéré (l’une des «morales du plaisir») |
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Écrit par Patrice Létourneau
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17-10-2009 |
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(a) Le plaisir est à la fois une sensation (le présent) et quelque chose qui découle de la raison. (b) La raison est source de plaisir, dans la mesure où elle permet la compréhension (au sens large). Par exemple, ne pas comprendre ce qui nous arrive (se sentir perdu) ou ne plus comprendre une personne qu’on aime est déplaisant, voire angoissant, alors que lorsqu’on comprend enfin, il y a un effet apaisant, même si la situation reste «la même». Par ailleurs, la raison est aussi ce qui permet d’envisager des «projets de vie», d’esquisser le sens que l’on veut tenter de donner à notre vie… (c) Le calcul plaisirs/déplaisirs devra donc tenter de mettre en équilibre les considérations à court terme et les considérations à long terme. En quelque sorte, il s’agit dans l’hédonisme modéré de chercher à «profiter» de sa vie sans pour autant «gaspiller» l’existence qui nous est donnée. En d’autres termes, il s’agit pour eux de faire de sa vie quelque chose d’analogue à une œuvre d’art (on comprendra que dans cette perspective, c’est une éthique qui s’applique à soi-même, qui implique un travail sur soi (et non sur les autres), et par ailleurs, bien qu’il soit question de «plaisir», c’est en fait une éthique fort exigeante envers soi-même, lorsqu’elle est prise au sérieux).
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Points de repère pour l’hédonisme radical (l’une des «morales du plaisir») |
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Écrit par Patrice Létourneau
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17-10-2009 |
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(a) Le plaisir est une sensation, ce sont donc les sensations positives/négatives qu’il s’agit de calculer pour maximiser la somme du plaisir qui peut en résulter. (b) Le savoir éthique devient alors avant tout une connaissance de nos limites (nos limites, au-delà desquelles notre plaisir se transforme en une sensation déplaisante)… (c) Toutes les dépendances (affectives, substances, etc.) seront un mal, dans la mesure où lorsqu’on ne les a pas on est «en manque» (insatisfaction) et lorsqu’on les a, ce n’est plus un plaisir, mais que quelque chose de «normal», un besoin… (d) Difficulté : la sensation se situant «au présent», le calcul se fera nécessairement à court terme. Or, une bonne maximisation des plaisirs «au jour le jour» peut néanmoins nous conduire dans une situation où, plus tard, des plaisirs plus grands ne nous sont plus accessibles… (L’exemple de l’athlète qui fait des sacrifices quotidiens pour obtenir le plaisir plus intense d’accéder à une compétition sportive qui lui tient à cœur; l’exemple des 4-5 mois d’une session… Les risques lorsqu’on fait l’analogie avec des années…)
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Petits compléments sur l’épicurisme et le stoïcisme |
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Écrit par Patrice Létourneau
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07-10-2009 |
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«Ces pensées-là ne sont pas pour tout le monde, mais pour toi seul. Nous sommes après tout l’un pour l’autre un assez grand théâtre.» – Épicure
En complément aux diverses «morales du plaisir», si vous désirez accroître votre compréhension d’Épicure et de l’épicurisme, je vous suggère la lecture d’un texte de Patrick Daneau, intitulé « Épicure contre l’hyperconsommation» (publié dans la série des « Devoirs de philo»). Dans ce texte, l’auteur utilise la théorie d’Épicure comme antidote à l’hyperconsommation. Une «morale du plaisir» pour lutter contre l’hyperconsommation… Ça peut surprendre, mais en voyant l’application de la théorie qui y est faite, ça peut aider à saisir des nuances de l’épicurisme (sa conception de ce qu’est le plaisir, sa considération des types de désirs…). Par ailleurs, si vous voulez réfléchir au stoïcisme tout en vous divertissant, je vous suggère le visionnement du film « Groundhog Day». Dans cette comédie, le personnage principal est condamné à perpétuellement revivre la même journée (le Jour de la marmotte!), si bien qu’au travers de la répétition, il tente de jouer avec l’enchaînement des possibilités qu’offrent les circonstances, en apprivoisant «ce qui dépend de lui» et «ce qui ne dépend pas de lui»… Ainsi se dessine, tout au long du film, des considérations sur une «Providence» désignant en fait la gigantesque «mécanique» des «causes» et des «effets» sur les événements qui adviennent, ainsi qu’une réflexion sur le partage entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous, sur le rôle de nos attitudes face à cette gigantesque «mécanique». |
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Platon et Godin : nul n'est méchant volontairement |
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Écrit par Patrice Létourneau
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27-09-2009 |
Pour Platon, la question de l'injustice est liée à sa théorie de la connaissance et de la vérité : le mal, selon lui, est accompli parce qu’on se trompe sur la nature du Bien, en poursuivant que ce qui nous apparaît comme un bien pour nous. En ce sens, nous commettrions le mal par ignorance du Bien véritable, selon lui… Voici un petit extrait à ce sujet, tiré du livre Nul n’est méchant volontairement, de Christian Godin : «Mais qui aurait le mauvais esprit de calculer tout le mal social que peut occasionner une décision de licenciement ? Tellement il est entendu de nos jours qu'une entreprise ne fait que du bien puisqu'elle existe et fait des profits... Les dirigeants ne veulent aucun mal à ceux dont ils font le désespoir, de même que les cambrioleurs ne veulent aucun mal à ceux dont ils font la détresse. Mais justement, n'est-ce pas cela aussi, la méchanceté, cette terrible incapacité à sortir du cercle de son moi (ou de celui de son petit nous, ce qui revient au même), l'incapacité à comprendre l'autre dans la totalité de l'existence et de l'ordre symbolique qui fait de la personne humaine bien autre chose qu'un individu ? Le cambrioleur et le dirigeant d'entreprise ne veulent briser aucune existence, ils ne veulent que renforcer la leur. On comprend à présent la pertinence de cette idée de Platon, que le premier mal, c'est l'ignorance.» – Christian Godin, Nul n'est méchant volontairement, Éditions Pleins Feux, 2001. |
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L’idée «d’ignorance savante» de Socrate illustrée dans une chanson de Jean Gabin |
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Écrit par Patrice Létourneau
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27-09-2009 |
On l’a vu (et lu, au travers du Premier Alcibiade), selon Socrate le début de la sagesse consiste à d’abord prendre conscience de notre propre ignorance, car ce n’est qu’en étant pleinement conscient de ce qui nous manque, que l’on peut ensuite s’interroger convenablement sur le fond des choses. À cela s’ajoute l’idée d’ ignorance savante, c’est-à-dire l’idée selon laquelle le savoir n’est pas une simple accumulation de connaissances, mais implique un processus dynamique de remises en question de ce que l’on pensait acquis. Dans cette perspective, le savoir est lui-même porteur de ses limites : selon Socrate, plus notre compréhension est profonde, plus on est conscient de la fragilité de notre savoir. Pour les personnes intéressées, notons que cette idée d’ ignorance savante a déjà été illustrée dans une chanson de Jean Gabin : «Maintenant je sais» (lien vers fichier MP3) (interprète : Jean Gabin ; auteurs : Philip Green et Jean-Loue Dabadie, 1974). |
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Exemple pour la question sur la réflexion critique et les possibilités du bonheur |
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Écrit par Patrice Létourneau
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21-09-2009 |
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Voici un exemple de paragraphe de problématisation, parmi d’autres possibilités :
Sujet posé (la question philosophique) : Est-ce que le développement de nos capacités de réflexion critique accroît nos possibilités de bonheur ?
Démonstration du caractère philosophique de la question :
A) La démonstration du caractère fondamental de la question (pour ce faire, il s’agit d’identifier au moins une conséquence significative découlant de la question) : Dans la mesure où l’on peut considérer que l’être humain cherche le bonheur, s’il s’avérait que le développement de nos capacités de réflexion critique accroît nos possibilités de bonheur, alors ça signifierait qu’il serait important de les développer le plus possible. Ça peut sembler banal lorsqu’on le dit rapidement comme ça, mais en songeant à ce que ça implique, j’en viens à me dire que ça signifie qu’il serait alors capital de le faire, même si l’effort nécessité pour développer ces capacités n’est peut-être pas toujours plaisant en lui-même, dans l’immédiat… Puisqu’en définitive, en suivant cette perspective, même si cet effort peut parfois représenter une diminution du plaisir immédiat, voire parfois l'impression de devoir faire surchauffer notre cerveau, ça signifie que tout cela permettrait néanmoins l’atteinte d’un plus grand bien: l’augmentation globale de nos possibilités de bonheur.
B) La démonstration du caractère controversé de la question : D’une part, certains diront qu’il est justifié de dire que le développement de nos capacités de réflexion critique ne permet pas vraiment d’accroître nos capacités de bonheur. Car d’une certaine manière, on peut relier le bonheur à une capacité à saisir l’instant présent, ainsi qu’à un émerveillement et une certaine naïveté devant la vie. Après tout, n’est-ce pas là que réside la joie aussi grande qu’insouciante de l’enfance ? N’est-ce pas cet émerveillement qui se tarit trop vite ? N’est-ce pas justement ce que «la raison» risque de venir désenchanter ? De ce point de vue, la réflexion critique, c’est un empêcheur de jubiler en rond.
Mais d’autre part, certains diront qu’il est au contraire justifié de dire que le développement de nos capacités de réflexion critique permet véritablement d’accroître nos capacités de bonheur. Car d’une certaine manière, comment considérer comme un réel bonheur de marcher à l’aveuglette dans la noirceur ? Être libre, ce n’est pas seulement de choisir «soi-même» dans l’ignorance, c’est de choisir soi-même en toute connaissance de cause. Sinon, ce n'est qu'une apparence de liberté. Or, selon la position concurrente, c’est un peu comme si on disait que pour être heureux, il fallait ne pas être maître de notre vie, ne pas être véritablement autonome. Ouch ! Étrange, non ? Ainsi, selon cette perspective, la réflexion critique permettrait d’accroître nos possibilités de bonheur, en permettant d'aller au-delà des apparences parfois trompeuses. Et ce, d'une part parce qu’elle permettrait des choix plus éclairés en pesant les «pour» et «contre» des diverses alternatives, ce qui nous éviterait d’être entraînés dans des situations fâcheuses qu’on n’avait pas vu venir (d’ailleurs, si on a qu’une vie à vivre, l'apprentissage par «essais et erreurs» a ses limites) ; et d’autre part, parce qu’elle nous rendrait plus conscient et, donc, plus libre des orientations fondamentales de notre vie, afin d'éviter d’être balloté au gré des événements, comme une coquille par les flots de la mer...
Ouf ! Méchant débat à approfondir et méditer...
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Tâches et évaluations à venir |
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Écrit par Patrice Létourneau
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09-09-2009 |
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Pour les étudiants de Patrice Létourneau, voici un petit rappel de ce qui s’en vient :
--> Lundi prochain (en deuxième partie du cours), il y a une évaluation de 5% où il s’agira de faire la rédaction de deux «sections de problématisation» (pour l’assimilation du modèle de dissertation finale). Les deux sections de problématisation porteront sur deux questions philosophiques que je vous donnerai. La rédaction de ces sections devra se faire sur le formulaire qui est là et que je vous demande de faire imprimer et d’apporter en classe lundi prochain. Pour vous préparer à cette évaluation, une relecture de l’ensemble de vos notes de cours ainsi que du «Récapitulatif au sujet des types de jugement et de la place de la philosophie» (avec aussi le texte de Russell) vous sera utile. Voir aussi les exemples «Plaisir et amour», «Opinion et vérité» et «Savoir et certitude». --> Pour la semaine prochaine, vous avez à lire la Préface et les chapitres 1 à 14 inclusivement (c’est-à-dire les pages 3 à 24) du Premier Alcibiade de Platon, qui est à télécharger et à faire imprimer à partir de là. La semaine prochaine, lors de notre seconde rencontre de la semaine [note : pour mon groupe du jeudi, il y a un décalage d'un cours], il y aura une analyse (5%) de ce texte à faire. Bonne préparation à tous ! |
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Repères historiques : trois moments thématiques de la philosophie antique |
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Écrit par Patrice Létourneau
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09-09-2009 |
Voici quelques repères historiques/thématiques de la philosophie antique. (Pour plus d’indications sur le contexte historique de l’Antiquité grecque, je vous suggère la lecture d’un document .pdf réalisé par mon collègue Guy Béliveau, que l’on peut télécharger là.)1) Les présocratiques : Époque : Au 7e et 6e siècles avant Jésus-Christ. Lieu : Milet, l’Ionie, Élée… Contexte : Prise de distance par rapport à la mythologie, la fin de la royauté, l’activité commerciale… C’est la naissance de la philosophie et de la science (c’est, en somme, la naissance de la rationalité occidentale). Principales préoccupations philosophiques : la connaissance de ce qui nous entoure (la Nature) et le fondement du savoir possible (qu’est-ce qui rend possible l’atteinte de certains savoirs, et d’autres non?). 2) Le tournant socratique :Époque : Au 5e siècle avant Jésus-Christ. Lieu : Athènes. Contexte : Naissance de la démocratie directe; l’importance de l’argumentation et les répercussions significatives de l’implication dans la vie et l’organisation de la Cité. Principales préoccupations philosophiques : dans ce nouveau contexte, ce qui les préoccupe, ce n’est plus tant la connaissance de ce qui nous entoure en tant que tel, que le savoir concernant ce que nous vivons ; le savoir et le savoir-faire existentiel (qu’est-ce que le Bien? Le Beau? Le Juste et la Justice? La Mort? Une vie réussie? Etc.), ainsi que la manière de distinguer le savoir de l’opinion (si, d’ailleurs, c’est possible de le faire, et comment; ce qui a une répercussion sur la manière d’aborder le reste). 3) La période hellénistique :Époque : Entre le 4e siècle avant Jésus-Christ et le 1er siècle après Jésus-Christ. Lieu : Bassin méditerranéen; constitution de l’Empire gréco-romain… Contexte : Philippe de Macédoine, Alexandre le Grand… L’Empire, en venant regrouper plusieurs Cités pouvant avoir des traditions culturelles distinctes, met de l’avant un cosmopolitisme (cosmopolitisme = être d’abord un «citoyen du monde», un citoyen de l’univers, du cosmos, avant que d’être un citoyen d’une localité particulière), ce qui crée une tension avec l’ethnocentrisme des Cités (ethnocentrisme des Cités = être d’abord citoyen d’un lieu, d’une tradition et d’une appartenance particulière). Par ailleurs, le pouvoir de type impérial enlève l’autonomie politique que les Cités avaient auparavant, ce qui change les possibilités d’impacts qu’ont les citoyens dans l’organisation de leur Cité. On fait en quelque sorte l’expérience d’un «Nouveau Monde », qui verra notamment se développer deux nouveaux «courants de pensée» en philosophie : les philosophies se rattachant aux «morales du plaisir» (qui comprennent l’hédonisme radical, l’hédonisme modéré et l’épicurisme) et le stoïcisme. Principales préoccupations philosophiques : le pivot central devient l’ éthique, la question d’une vie bonne, d’une vie réussie, d’une vie permettant l’atteinte du bonheur (autant leurs théories sur la connaissance que leurs conceptions de l’être humain au sein de l’Univers sont interreliées avec l’ art de vivre). Il faut se souvenir dans quelle mesure, à cette époque, l’éthique est tournée vers l’individu… En quelque sorte, on laisse surtout à la réflexion sociale et politique la question du «comment se comporter avec les autres?» pour s’intéresser plus spécifiquement à la question du «comment se comporter avec soi-même?» (quoique ce ne sont pas deux sujets parfaitement étanches et les considérations d’un côté peuvent avoir un impact de l’autre; de même que Sénèque, par exemple, fut tout autant un philosophe stoïcien qu’un homme d’État romain). Par ailleurs, dans la période hellénistique, l’éthique ne se limite pas qu’à la question du Bien et d’une vie bonne, car ce faisant elle se trouve à apporter de nouvelles perspectives sur la «construction de soi» et le «façonnement de notre être», celui que l’on «est». Ainsi, à la préoccupation éthique s’ajoute des implications pour l’identité. En quelque sorte, le questionnement éthique est aussi un écho à une perte des repères identitaires; dans les chamboulements sociopolitiques et culturels, ce questionnement sur la vie bonne devient une manière de reconstruire «qui l’on est» (l’identité passant alors davantage par l’éthique de vie bonne de l’individu que par son appartenance à la tradition d’une Cité). |
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Récapitulatif au sujet des types de jugement et de la place de la philosophie |
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Écrit par Patrice Létourneau
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01-09-2009 |
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Pour mieux situer le discours philosophique, il peut être utile dans un premier temps de se remémorer les divers types de jugement pouvant être portés sur la réalité… Comme vous vous en souvenez sans doute, à la base, porter un jugement consiste à établir une relation entre un sujet et une caractéristique qu’on lui attribue. Cependant, selon les types de relations que l’on établit, on obtiendra divers types de jugements :
- Les jugements de fait : ceux-ci rapportent un état de choses, ils traitent du «comment» sont les choses, évènements, phénomènes… Par exemple, dire que «le mur est blanc», c’est faire un jugement de fait. Parfois, déterminer la validité d’un jugement de fait peut être relativement simple (par exemple, si on se demande s’il pleut à l’extérieur), parfois complexe (par exemple, si on se demande si vraiment j’ai déjà eu un chat qui s’appelait Schizo, ou encore si on se demande comment on peut démontrer que la terre forme une ellipse autour du soleil). Cela dit, même si la validité des jugements de fait n’est pas toujours facile à établir, ces jugements sont par principe soit vrais, soit faux. Aussi, il y a dans les jugements de fait un idéal d’objectivité (c’est comme ceci ou comme cela, c’est vrai ou faux…). - Les jugements de préférence (ou jugements de goûts) : ceux-ci expriment les préférences et goûts d’une personne en particulier, ou d’un groupe en particulier. On est dans la subjectivité, ces jugements sont résolument personnels : on peut espérer que lorsqu’ils sont énoncés, ils répondent à un idéal de sincérité (identifier sa véritable préférence), mais ils n’ont pas de vérité en tant que telle, au sens où ils n’ont pas à représenter ce qui serait valable… Dans cette mesure, si on le veut, on peut expliquer nos préférences et nos goûts, comme on peut expliquer nos motivations, mais on n’a jamais à les justifier (il n’y a pas à argumenter sur ses goûts)… - Les jugements de valeur et les jugements interprétatifs : ceux-ci attribuent une valeur ou un sens (signification, direction/finalité) aux choses, évènements, phénomènes ou faits. À la différence des jugements de préférence/goût, les jugements de valeur et les jugements interprétatifs ont cependant une prétention à la vérité : ils se présentent comme quelque chose dont la validité dépasse notre petite personne, ils se présentent comme quelque chose de «vrai», par-delà les préférences et goûts des uns ou des autres. Cependant, ces types de jugement ne peuvent pas prétendre à «l’objectivité» des jugements de fait, ils ne font pas que dresser l’état de choses, mais lui donne un sens, une valeur. Dans leur formulation, ces jugements se présentent comme s’ils pouvaient être valables de manière générale (au-delà de la personne qui les énonce). Par exemple, si une personne affirme que tel ou tel film (ou athlète, ou groupe de musique, etc.) est l’un des meilleurs de sa catégorie, on n’est pas dans l’objectivité du jugement de fait, mais l’affirmation va néanmoins au-delà du jugement de goût ou de préférence, dans la mesure où on affirme que c’est «l’un des meilleurs»... D’ailleurs, si on doute que ça puisse être l’un des meilleurs de sa catégorie, il pourrait être légitime de contester la valeur de l’affirmation (en vertu d’un «idéal de vérité» qui est automatiquement attaché à ces types de jugement, quoiqu’ils n’ont jamais l’objectivité des jugements de fait). [En d'autres termes, implicitement, on présuppose un «idéal de vérité», même si on en est pas toujours conscient...]
Bref, la différence essentielle entre les jugements de préférence/goût, d’un côté, et les jugements de valeurs et jugements interprétatifs, de l’autre côté, c’est que dans le premier cas, l’affirmation est résolument subjective et elle n’exprime que le penchant d’une personne ou d’un groupe en particulier, alors que dans le second cas, les jugements se présentent comme s’ils pouvaient prétendre avoir une validité allant au-delà des préférences personnelles. Rappelez-vous que cette distinction, on la présuppose fréquemment dans la vie quotidienne, même si on ne s’en rend pas toujours compte : souvenez-vous l’exemple au sujet de l’idée de «noyer des bébés»… Et de même, si on présuppose que le plaisir du sadique n’est pas une préférence aussi valable que la préférence de celui qui ne veut pas en faire les frais, c’est qu’on présuppose que toutes les préférences/goûts ne sont pas nécessairement aussi valables. En d’autres termes, on présuppose que par-delà les jugements de préférence et de goût, on peut aussi énoncer des jugements de valeur et des jugements interprétatifs qui se présenteront comme s’ils pouvaient (ou devraient) pouvoir répondre à un idéal de vérité.
La philosophie Le discours philosophique se situe nécessairement au niveau des jugements de valeur et des jugements interprétatifs. Ce qui, bien sûr, ne signifie pas que tous les jugements de valeur et jugements interprétatifs vont relever de la philosophie. Pour savoir si un jugement de valeur ou un jugement interprétatif peut relever de la philosophie, on peut se remémorer les critères généraux d’une question philosophique : - Pour être philosophique, la question doit être fondamentale. Ce qui signifie que, si elle est fondamentale, il doit y avoir des conséquences significatives qui sont attachées à la question. (Ce sont justement ces conséquences significatives que vous devez identifier dans la «démonstration du caractère fondamental» de la question philosophique, lors des dissertations.) - La question doit avoir une portée universelle (elle doit en principe pouvoir concerner tous les êtres humains, en tant qu’ils sont des êtres humains). - Elle ne relève pas de la simple observation. - Elle a un caractère controversé. Ce qui signifie qu’il y a plus d’une position qui peut avoir de la valeur, qui peut être défendable. (C’est justement les arguments justifiant la valeur des positions autour de la question que vous devez identifier dans la «démonstration du caractère controversé» de la question philosophique, lors des dissertations.) - Elle porte sur le sens ou la valeur des choses.
De manière générale, on peut dire que la philosophie est «une réflexion critique (et rationnelle) sur des questions fondamentales.»
Pour quoi faire? Il peut être légitime de s’interroger sur la philosophie, ne serait-ce que pour tenter de mieux voir la place qu’elle occupe et sa portée. Parmi ce qui a été vu en classe et les lectures que vous avez faites, vous disposez de pistes pouvant nourrir votre réflexion à ce sujet. Parmi ces pistes, on pourrait repartir de la définition de la philosophie en tant que «réflexion critique sur des questions fondamentales», et revenir sur ce que signifie (ou implique) une réflexion «critique» (revoir en quoi ça consiste, plus précisément). Et parmi les autres pistes de réflexion, on peut aussi s’interroger sur la manière dont sont «tranchés» les jugements de valeur et les jugements interprétatifs qui ont un aspect fondamental, lorsque ce n’est pas par le biais d’une réflexion où on s’oblige à justifier ce qu’on tient pour vrai, en examinant la valeur des arguments pour et contre. Est-ce que sans cela, ces jugements reposent alors sur les émotions? Sur la tradition? Sur des «idées reçues» en provenance des médias? Sur des croyances populaires propres à l’époque? À ce sujet, si vous vous remémorez le texte de Russell sur la valeur de la philosophie que nous avons examiné en début de session, vous pouvez remarquer que cette interrogation est l’une des pistes qu’il explorait : les jugements de valeur et les jugements interprétatifs étant incontournables dans nos vies, lorsque ces jugements portent sur une question fondamentale, l’un des intérêts de la philosophie pourrait être de nous aider à sortir du dogmatisme, le caractère incertain des positions philosophiques pouvant être vu sous l’angle d’une prise en considération du caractère controversé attaché aux jugements de valeur et aux jugements interprétatifs…
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Bienvenue aux étudiants de Patrice Létourneau, Yves Bastarache, Patricia Nourry, Christian Boisclair |
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Écrit par Patrice Létourneau, Yves Bastarache et Patricia Nourry
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14-08-2009 |
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«Le philosophe se reconnaît à ce qu’il a inséparablement le goût de l’évidence et le sens de l’ambiguïté.» – Maurice Merleau-Ponty Le cours Philosophie et rationalité (340-103-04) est votre cours d’introduction à la philosophie, qui se veut aussi une exploration des sources de la rationalité, ainsi qu’une exploration des racines de la civilisation en occident. Avant de se mesurer à un tel programme, peut-être est-il bon de se rappeler que les premiers pas sont souvent les plus coûteux : il faut non seulement se décider à les faire, mais il faut aussi consentir au voyage, c’est-à-dire consentir au dépaysement – surtout s’il s’agit d’un lointain voyage. Sans le premier pas, on n’avance évidemment pas. Mais sans cet état d’esprit où l’on consent au dépaysement, on n’avance pas vraiment non plus : sans ça, on se trouve alors à tristement se comporter tel un voyageur partant à l’autre bout du monde, mais exigeant paradoxalement tout au long de son périple de retrouver la même nourriture, les mêmes décors et les mêmes habitudes qu’il avait chez lui… En premier lieu, «c’est d’âme qu’il faut changer, et non de climat», disait Sénèque, bien qu'en un autre contexte. Il faut commencer par consentir à vivre le dépaysement, pour profiter de la découverte du changement de lieu. Mais il faut être conscient que le dépaysement est ce qui enlève notre paysage habituel et que ça peut impliquer le retrait, du moins momentané, de plusieurs de nos habituels points de repère et réflexes de pensée, ce qui peut évidemment être déstabilisant par moments. Ainsi, consentir au dépaysement du voyage implique qu’on soit aussi prêt à s’interroger, de manière sincère, sur le poids, la valeur, la solidité et les limites de divers repères possibles, pour élargir notre conscience de «nos» propres points de référence. Face à un cours d’introduction, où il s’agit justement de faire les premiers pas vers une destination qui nous est encore floue, il est préférable de choisir résolument : consentir pleinement au voyage, ou attendre le prochain train. Vaut mieux choisir que subir. À ceux qui se joindront à l’aventure, je nous souhaite un bon voyage!
Patrice
Yves Patricia Le présent site sera pour vous : - un lieu de contact supplémentaire avec vos professeurs; - un lieu où vous pourrez prendre connaissance des nouvelles importantes concernant le cours; - un lieu où vous retrouverez divers textes et documents essentiels pour le cours; - un lieu de renforcement des habiletés et des connaissances vues en classe et nécessaires à la réussite du cours.
Familiarisez-vous dès maintenant avec votre site et visitez-le régulièrement!
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